S’installer à Saint Pierre et Miquelon

Septembre 2017. J’entame ma troisième semaine de vendanges consécutives en Bourgogne. Je reçois un appel. Mon ami a trouvé une annonce pour notre prochaine saison d’hiver à Saint Pierre et Miquelon.

« – Ils recherchent un couple à Saint Pierre et Miquelon, ce sera une expérience formidable.
-Ok. Pourquoi pas ? »

Je réponds un peu à côté, sans trop savoir. Je suis encore dans le rythme des vendanges, un rythme très particulier où les journées se concentrent au fil des repas et des nuits de sommeil bien méritées. Tous les vendangeurs savent de quoi je parle.

Soudain, je réalise ce que cela implique Saint Pierre et Miquelon. Je le situe sur une carte, chose nouvelle. Archipel français d’Amérique du Nord situé au sud de Terre Neuve, 6000 habitants répartis sur 242 km². On en parle, on en discute, on pèse le pour et le contre et on se dit « Banco ! On y va ! ». On est prêts à vivre cette expérience ensemble. Une expérience hors du commun, hors du temps.

Beaucoup de gens se retrouvent sur cet archipel, essentiellement pour le travail d’ailleurs. Énormément de métropolitains se retrouvent quelques mois de l’année pour travailler sur place, la population se divise en deux parties entre les métros qui transitent et ne sont là que pour quelques semaines ou quelques mois, et les Saint-Pierrais.

Entre notre prise de décision et notre départ s’est écoulé trois semaines, 21 jours qui sont passés très vite et qui ont fait l’objet de notre préparation avant d’arriver sur cette île. C’est l’objet de l’article du jour, en sachant quelques petites choses : je n’avais pas de passeport, jamais pris l’avion et aucune idée de comment m’équiper pour affronter le froid de l’Atlantique Nord.

Les billets d’avion

Première étape quand on prépare ce type de projet : acheter les billets d’avion. J’ai pris le risque de les acheter sans avoir de passeport car plus on attend et plus les prix grimpent. Deux seules compagnies aériennes sont implantées à Saint Pierre : Air Saint Pierre et Atlas voyages. Personnellement nous sommes passés par la seconde, nous avons eu la possibilité de négocier les prix qui sont souvent plus avantageux chez eux La compagnie est très réactive, à l’écoute pour les moindres questions et nous ont été d’une grande aide.

Le passeport

Originaire du Nord, résidant à Lyon et étant saisonnière, autant dire que faire un passeport en trois semaines a été un exploit au vue de ma situation. Je l’ai fait à la mairie de Besançon, où la liste d’attente pour un passeport est nettement moins longue qu’à Lyon. En deux semaines, l’affaire était réglée en deux petits rendez vous. Il n’est donc pas nécessaire de passer par la mairie de sa ville pour faire un premier passeport et vous êtes libre d’en faire la demande quel que soit la mairie. Profitez en pour la faire dans une petite ville, vous éviterez les longues files d’attente et les délais pharamineux.

Sachez qu’il faudra également vous procurer un ESTA, ce document se trouve sur les sites officiels sur internet et sera directement enregistré sur votre passeport. Il n’excède pas les 8 € il me semble, si vous trouvez plus cher c’est que vous n’êtes plus sur un site officiel, il faut être très vigilant. Sans cela, vous ne pourrez pas transiter par le territoire canadien et c’est obligatoire d’y passer lorsque vous faites un aller Paris – Saint Pierre, même s’il y a le projet de faire des vols direct depuis Paris.

Les bagages

Comment préparer un rude hiver qui tienne dans une valise et un petit sac cabine ? Plusieurs options s’offrent à vous : les sacs sous vide d’air. Magiques, ces sacs permettent un gain de place pour tout ce qui va être volumineux (couettes, gros pull, gilets, vêtements de ski technique). Nous en avons acheté de plusieurs tailles en supermarché, ça se trouve facilement, et avons empaqueté ainsi nos affaires que nous avons envoyé en colis par la poste. Cela a permis de gagner beaucoup de place dans les valises. Sachez cependant qu’il faut compter entre quatre et six semaines avant de recevoir vos colis, cela peut paraître long mais c’est la solution la plus économique.

Pour les valises, j’ai suivi une technique dont je n’arrive plus à me détacher et qui consiste à plier ses vêtements en 3 sur la largeur, puis à les rouler et à les ranger ainsi. Cela permet de ne pas les froisser et de gagner de la place considérablement, je vois nettement la différence quand je n’applique pas cette technique.

La banque

Pour les questions de compte bancaire rien de plus simple, il existe trois banques à Saint Pierre : la banque postale, la caisse d’épargne et la banque Saint Pierre et Miquelon (rattachée à la caisse d’épargne il me semble). J’ai la chance d’être à la première donc aucun frais de mon côté. Qui plus est, nous restons officiellement sur le territoire français car c’est un territoire outre mer. Au même titre que la réunion, la Martinique et autres, il n y a aucun frais supplémentaires pour vos paiements en carte bancaire.

Les vêtements

Mes vêtements se divisaient en deux parties : les vêtements pour le travail et les vêtements de randonnée pour l’hiver. Pour les vêtements de randonnée rien de mieux que Decathlon, ils proposent des gammes de prix très larges avec des vêtements techniques de très bonne qualité.

Pour ma part, les vêtements indispensable à emporter pour ce type de climat sont :

  • une doudoune sans manche 

Qui aurait cru qu’un jour je fasse l’apogée de cette pièce ? Pendant longtemps j’ai trouvé ça ringard et je ne comprenais pas la combinaison doudoune + sans manche, cela me semblait incongrue. Après cette expérience, je peux vous assurer que cette doudoune fut mon meilleur investissement avant le voyage. L’absence de manches m’a permise de la porter sous toutes mes vestes, même la petite veste coupe vent que j’avais achetée très juste au niveau du corps. Sans non plus y mettre des centaines d’euros, n’optez pas pour le premier prix. La proportion de duvet animal et non synthétique est très importante, pour ma part, j’ai opté pour une doudoune Quechua, milieu de gamme qui devait être aux alentours des 50 €. Elle est très chaude tout en étant très légère, elle s’enroule très facilement et se glisse parfaitement dans un pochon vendu ensemble ce qui permet de la garder facilement dans son sac sans que cela prenne trop de place.

  • un pantalon de pluie

Très bon marché et ne prenant pas de place, il peut être pratique lorsque vous sortez du travail et que vous avez des bourrasques de neige et que vous n’avez pas la possibilité de vous changer complètement. De plus, la matière de ce type de pantalon permet un effet coupe vent très appréciable lors des randonnées que vous pourrez faire sur l’île.

  • une veste coupe vent

Élément indispensable de tous les randonneurs. Avec mes sous couches techniques, un gros pull et ma doudoune j’ai réussi à traverser l’hiver à Saint Pierre et à faire toutes les randonnées que je souhaitais contre vents et marées. J’ai acheté la mienne à Decathlon et même si le prix peut paraître exagéré au départ (entre 50 et 100 €) elle reste très robuste et j’ai pu la mettre en toutes circonstances en complément de ma doudoune.

  • un pantalon de ski

Au vue des congères gigantesques qui vous attendent si vous passez l’hiver sur cette île, c’est un vêtement qui vous sera indispensable si comme moi vous appréciez de gambader dans la neige et de vous créer vos propres pistes de luge à l’état sauvage.

  • des gants de ski, des chaussettes hautes et chaudes, et un bonnet doublé suffisamment chaud

Quand on traverse le froid, c’est bien connu que le plus important à protéger reste les extrémités. C’est par là que le corps est le plus fragile et que si froid il y a c’est le plus difficile à réchauffer. N’hésitez pas à doubler ces parties (mains, tête et pieds) en doublant avec des matières techniques.

  • une paire de sous gants, un sous pantalon en laine mérinos ainsi qu’un sous pull de la même matière

La technique de l’oignon : multiplier les couches fines mais chaudes. L’important est de privilégier des matières nobles et légères, soie et laine de mérinos entre autres. Personnellement, j’ai encore trouvé tous ces articles à Decathlon. Il faudra compter également une cinquantaine d’euros pour le pantalon et le sous pull chacun, mais sachez qu’une seule pièce suffira.

Le logement sur place

Selon votre situation, chercher un logement peut se faire de multiples façons. Personnellement, nous avons été hébergé sur place par nos employeurs en « dépannage » mais nous devions de toute manière nous trouver un petit chez nous.

La plupart des métropolitains qui viennent travailler sur l’île sont logés par leurs employeurs, et les propriétaires sont habitués à ce genre de résidents.

Mais si comme nous vous devez vous trouver un logement un seul site existe cheznoo.net, c’est le site de référencement pour trouver tout ce dont vous avez besoin (logement, agenda culturel, horaires des ferries, électroménager, vêtement, etc). Vous pouvez également diffuser votre annonce sur le site de radio atlantique, vous écrivez sous forme de message votre annonce de recherche et la radio le diffusera moyennant 7 €.

Mais avouons le, principalement sur cette île, tout se passe par les relations et le bouche à oreille, donc, la meilleure solution est encore d’en parler un maximum autour de vous, de vous faire connaître, et de faire connaître votre besoin par la même occasion. La majorité des logements proposés sont beaucoup trop grands pour une personne seule, donc si vous vivez cette expérience n’hésitez pas à en discuter autour de vous, à savoir si un de vos collègues vous accepterait en tant que colocataire. Cela est très courant sur l’île.

J’espère que cet article vous aura été utile, si comme moi vous sautez le pas et vivez l’expérience d’aller vivre sur cette île, n’hésitez pas à me contacter. Je me ferai un plaisir de vous aider.

Leave a Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :