Le gaspillage alimentaire

Ce deuxième volet s’ouvre sur un sujet pour lequel je lutte depuis des années et qui me choque toujours autant à savoir le gaspillage alimentaire des grandes industries agro alimentaires.

Revaloriser les déchets pour moins dépenser

Dans cet article, je vous listais mes astuces au quotidien pour faire des économies et à la fois lutter contre le gaspillage. Et à la vision du reportage Capital dont je vous ai parlé précédemment j’ai été plus que choquée de me rendre compte qu’en 2019 la société n’avait pas forcément plus avancer … si ce n’est le cas de Thomas Pocher, directeur du centre l’Eclerc à Templeuve, à deux pas de chez moi dans le Nord de la France. 30 000 tonnes de déchets liés aux invendus par an sont jetés, et pour cet hypermarché la note est salée :

70 000 € par an sont dépensés pour le traitement des déchets

700 000 € pour le traitement de ces invendus

Au total c’est donc 770 000 € que dépense cet hypermarché pour le traitement de ses déchets. A l’heure où certains parlent encore d’un effet de mode en ce qui concerne le zéro déchet, je pense qu’ils le verraient autrement sous cet aspect financier. Il faut penser que ces frais influent forcément sur les prix en magasin destinés au consommateur.

Pour lutter contre le gaspillage et contre ces frais, le directeur a mis en place une solution que beaucoup pourraient suivre : l’éco gaspillage. Chaque matin, les salariés de de cette grande surface trient les invendus de la veille et les disposent dans des paniers à moindre coût : par exemple, 2€ pour 3 kgs de pain, 3€ pour un panier de 5 kgs de fruits et légumes. En appliquant ce dispositif, l’enseigne sauve chaque année 15 tonnes et gagne 10 000 à 12 000 € de chiffres d’affaires avec 4000 € du coût des déchets sauvés, somme qui participent à payer le salaire des employés qui s’activent chaque matin pour faire ces « paniers anti gaspillage ».

Le crédit d’impôt, la carotte qui peut faire avancer les choses

Allant plus loin dans cette liste de revalorisation de ses invendus, Thomas Pocher donne à des associations comme La croix rouge par exemple les invendus qui n’ont pu être sauvés. Il peut alors bénéficier du Crédit d’impôt, une loi de plus de 30 ans qui est un accord entre l’Etat et le distributeur. Si l’équivalent de 1000 € de marchandises sont données à une association, l’Etat s’engage à rembourser 60 % du coût de ces marchandises au distributeur soit 600 €.

Cette vague de scandales au sujet du gaspillage alimentaire a poussé de jeunes entrepreneurs à ouvrir un nouveau marché, c’est le cas de l’entreprise PHENIX, lancée en 2014 qui promet de donner une seconde vie aux invendus alimentaires du secteur agro alimentaire. Elle applique, moyennant finance les mêmes pratiques que Thomas Pocher : vendre les invendus de la veille à moindre coût et donner le reste à des associations. Tous les grands directeurs du secteur n’ont pas tous à coeur de lutter contre le gaspillage mais c’est surtout la réduction des impôts qui les pousse vers cette démarche. Et c’est un des arguments principaux de cette jeune entreprise. Malheureusement, ce crédit d’impôt a ses limites : il ne peut générer plus de 0,5 % du total du chiffre d’affaires. Certains grands groupes y voyaient un gagne pain et se sont détournés de ce système en négligeant le facteur humain.

C’est avec plaisir que le reportage montre en dernier lieu les garspilleurs. Je vous en avais parlé dans mon article et c’est cette partie qui m’a le plus choquée. Effectivement, la loi Garot qui date du 11 février 2016 interdit de jeter toute denrée alimentaire consommable sous peine d’être sanctionné de 3750 € d’amende. Personnellement, je pensais (sans doute naïvement) que les choses avaient changé depuis, mais ce qu’on peut voir est une aberration : les gaspilleurs continuent leurs « actions commando » en récupérant des boîtes de conserve non abîmées avec une DLC de 2021 jetées dans les bennes d’un supermarché.

Les choses peuvent changer, il ne tient qu’à nous de poursuivre ce combat car c’en est un. Mais il est toujours bon de constater que certaines personnes du secteur de l’industrie agroalimentaire aliemntaire portent un regard sur ce sujet et enprofitent pour modifier leurs habitudes.

Je vous retrouve très vite avec l’article qui portera sur la fast fashion e qui clôturera cette série autour du gaspillage. En attendant, prenez soin de vous et continuez la lutte en devenant des conso’acteurs !

 

 

 

 

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